La communication à la croisée des chemins
L'European Association of Communication Directors (EACD) a réuni à Bruxelles, les 18 et 19 juin 2026, les principaux professionnels de la communication du continent. Parmi les voix qui ont animé les échanges figurait Caroline Faillet, Directrice générale du Groupe JIN, qui est montée sur scène pour remettre en question l'une des habitudes les plus ancrées de la profession : mesurer l'activité plutôt que l'impact.
Le problème des indicateurs en silo
Pendant des années, les équipes communication ont rendu compte de ce qu'elles produisaient (retombées presse, portée des publications, part de voix) sans être en mesure de répondre à la question plus fondamentale : pourquoi est-ce important ? Ces indicateurs en silo, mesurés isolément et déconnectés de la stratégie de l'entreprise, ont creusé un déficit de visibilité entre les communicants et le comité de direction.
L'argument de Caroline était sans détour : la profession suit des activités, pas des résultats. Et à une époque où la confiance, la perception et la réputation comptent parmi les actifs les plus précieux de l'entreprise, cela ne suffit plus.
Un nouveau standard : sur mesure, croisé, augmenté par l'IA
La réponse de JIN à ce défi est méthodologique, une nouvelle génération de mesure reposant sur trois piliers :
- Des indicateurs sur mesure, conçus autour des objectifs stratégiques propres à chaque organisation, et non des référentiels prêts à l'emploi.
- Des données croisées, reliant les signaux médiatiques, sociaux, institutionnels et comportementaux en une image unique et cohérente.
- L'IA comme couche d'analyse, non pour remplacer la réflexion stratégique, mais pour faire émerger des tendances, accélérer la synthèse et enfin relier les actions de communication aux évolutions réelles de la perception.
Il en résulte un modèle où la communication passe du reporting au pilotage, de la note de bas de page d'une présentation au comité au moteur des décisions stratégiques.
Un débat qui mérite d'être mené
La session a ouvert un débat plus large entre communicants seniors sur la redéfinition de la notion de responsabilité dans la profession. JIN remercie Pierre-Hubert Meilhac, de Dassault Systèmes, ainsi que Laurent Turpault pour leurs contributions à l'échange et pour avoir aidé à affiner cette réflexion dans la pratique.
Ce que cela signifie pour les communicants
La scène de l'EACD est l'un des forums les plus influents pour le leadership en communication en Europe. Y mener cette conversation n'est pas anodin : c'est le signe que la profession est prête à relever son propre niveau d'exigence.
La présence de JIN au sommet reflète l'engagement plus large de l'agence : bâtir des cadres de mesure qui relient stratégie, action et perception réelle, pour des organisations qui ne peuvent se permettre d'avancer à l'aveugle.